Presse & entretien — 31 août 2026
Un entretien avec Simply Crowd autour d’Ici le bonheur est fait maison
Quelques mois après la sortie d’Ici le bonheur est fait maison, la plateforme Simply Crowd m’a proposé de revenir, dans un long entretien, sur tout ce que la parution d’un livre met en mouvement : la fierté de le voir exister, la peur presque vertigineuse qu’il ne parvienne pas à transmettre ce qu’il porte, et surtout ce que les premiers lecteurs m’en ont dit une fois qu’ils l’ont refermé.
La fierté, l’incrédulité, et ce qui reste entre les mots
Dans l’entretien, je reviens sur ce sentiment étrange qui accompagne la sortie d’un livre : la fierté de voir tenir, dans un si petit objet, des heures de travail, de doutes et de larmes — et en même temps l’impression que ce livre échappe déjà à celle qui l’a écrit, pour devenir messager auprès de lecteurs inconnus.
« Toutes les failles étaient encore là. Elles n’avaient pas disparu entre les pages, elles s’étaient simplement glissées entre les mots. »
Ce que les premiers lecteurs m’ont renvoyé
Les premiers retours ont été particulièrement émouvants, parce qu’ils m’ont montré ce que les lecteurs avaient reçu de cette histoire une fois qu’elle ne m’appartenait plus tout à fait. Beaucoup m’ont parlé de l’attachement aux personnages, de leur humanité, de cette sensation d’y croire vraiment — certains y ont même reconnu des proches, d’autres ont cherché qui, dans ma vie, avait pu m’inspirer.
On m’a aussi beaucoup parlé des paysages d’Étretat et de l’émotion qu’ils dégagent dans le roman. Des lecteurs m’ont dit avoir voyagé, avoir pleuré, s’être sentis apaisés ou avoir retrouvé, à travers les lieux et les personnages, des souvenirs bien à eux. Mais le retour qui m’a le plus touchée reste celui de lecteurs qui m’ont confié que le livre les avait « accompagnés » au quotidien — l’une d’elles imaginait la suite entre deux chapitres, une autre parlait d’un vrai rendez-vous quotidien avec les personnages.
Donner une couleur aux émotions
Dans l’entretien, j’explique aussi ce qui, selon moi, fait la singularité de ce roman : je n’ai pas cherché à inventer des personnages hors du commun, mais plutôt à observer ce qui se joue à l’intérieur de gens très ordinaires — des personnages qui pourraient être nous, nos voisins, nos amis. Ce qui m’intéresse, c’est de donner une forme, une couleur, une matière à leurs émotions. Ici, c’est la peinture qui devient ce langage supplémentaire, capable de rendre visible ce qui, normalement, ne l’est pas.
Les lieux occupent, eux aussi, une place à part dans mon écriture. Je n’ai pas beaucoup voyagé, mais je me suis à chaque fois profondément liée aux endroits que j’ai découverts — je ne les choisis donc jamais comme de simples décors : ils deviennent presque des personnages à part entière.
Écrire sans plan, corriger ensuite
J’y parle aussi, sans détour, de ma méthode d’écriture — ou plutôt de son absence de méthode. Je n’écris pas dans une bulle silencieuse avec un plaid et une tasse de thé : mes personnages vivent en moi en permanence, discutent, évoluent, même quand je ne suis pas devant une page blanche. Je peux écrire dans le bruit, en mangeant, en voiture. Je n’ai pas de plan, je fonctionne par ressentis et par images bien plus que par chronologie, et j’écris d’abord, je corrige ensuite — les correcteurs orthographiques sont mes meilleurs alliés.
Le prochain roman : l’histoire de ma grand-mère
Enfin, je dévoile dans cet entretien le projet sur lequel je travaille actuellement : un roman consacré à ma grand-mère, originaire du Cap-Vert, et à tous les silences qu’elle a transmis. À travers son histoire, j’interroge la place de la femme, et plus particulièrement celle d’une femme noire immigrée en France dans les années 1950 — une manière, aussi, de réparer son histoire pour m’autoriser une liberté qu’elle ne s’était jamais accordée.
L’entretien complet, avec toutes les questions posées par la rédaction de Simply Crowd, est à lire en intégralité sur leur site.
Lire l’entretien complet sur Simply Crowd →Et pour prolonger ces mots : retrouve juste en dessous l’entretien filmé, en six parties.

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